Un poème pour ceux qui ont perdu le droit de parler

Ce poème a été soumis par la dramaturge et metteuse en scène Maja Pelević , qui a figuré dans deux de nos épisodes de télévision DiEM25 avec Tariq Ali et Boris Buden.

Maja s’est inspirée du poème de Mahmoud Darwish et du message que Yanis Varoufakis a donné à l’occasion du 72e anniversaire de la Nakba. Elle se souvient de toutes les injustices auxquelles nous avons participé, de tous les opprimés que nous n’avons pas pu aider, et de toute l’inhumanité dans laquelle nous évoluons, pendant que dans nos arrière-cours, règne toujours la loi des affaires.

SI SEULEMENT NOUS ÉTIONS DES BOUGIES DANS L’OBSCURITÉ

Quand vous vous libérez par la métaphore, pensez aux autres
(ceux qui ont perdu le droit de parler)

Quand vous pensez à ceux qui sont loin, pensez à vous-même
et dites « Si seulement j’étais une bougie dans l’obscurité »

du poème “La Pensée des autres” de Mahmoud Darwish

Quand nous nous enfermons volontairement dans nos maisons confortables,  soucieux de notre santé et de notre sécurité, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier qu’il y a des gens qui n’ont pas le luxe de rester à l’abri, ou n’ont même pas de domicile)
Quand nous mangeons nos savoureuses, oh, si savoureuses asperges, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier que ce sont eux  qui les ont apportées à notre table)
Quand nous mettons nos beaux vêtements et contemplons notre reflet dans le miroir, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier les ateliers clandestins, les mauvaises conditions de travail, les salaires injustes et le travail des enfants qui ont contribué à cette image)
Quand  nous regardons le monde s’effondrer sous nos yeux, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier qu’ils seront  les plus durement touchés)
Quand nous nous considérons plus intelligents, et essayons d’imposer notre «liberté», nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier toutes les guerres et les meurtres faits au nom de la «démocratie»)
Quand nous considérons le politiquement correct comme la vérité absolue, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier que nous n’avons pas le monopole de la vérité)
Quand nous utilisons facilement de grands mots en pensant que nous nous battons pour une bonne cause, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier qu’ils se battent en ce moment même  pour survivre)
Quand nous croyons parfois que tous les gens sont égaux, mais que certains le sont plus, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier le petit fasciste qui sommeille en chacun de nous)
Quand nous nous plaçons au-dessus de quelqu’un, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier que ce qui monte, devra descendre)
Quand nous essayons de réinventer le monde, nous devrions penser aux autres
(et ne jamais oublier que nous ne sommes pas les seuls à vouloir ce changement)

par Maja Pelević

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