Les Palestiniens souffrent de l’application biaisée du droit international

Une autre gifle à la « communauté internationale » et au droit international.

La dernière privation de droits des Palestiniens a été observée lorsque les forces d’occupation israéliennes ont démoli un village palestinien dans la vallée du Jourdain comprenant près de 80 maisons. La « détention administrative » – également connue sous le nom d’enlèvement – de Maher Al-Akhras, qui a récemment mis fin à sa grève de la faim de 103 jours, ne devrait pas être un événement de « routine » pour la « communauté internationale », qui condamne comme d’habitude et abreuve les Palestiniens de beaux discours.

Ne vous laissez pas bercer d’illusions par le soi-disant « accord de paix » entre le régime israélien et les régimes des Émirats Arabes Unis (EAU) et de Bahreïn. Ces accords ont été promus par les EAU comme un « outil de négociation » pour mettre fin à l’annexion des terres palestiniennes. Ce ne sont que des contrats d’armement pour les régimes afin de continuer à soumettre les sociétés de la région d’une part, et un moyen de créer un pacte contre la soi-disant « menace » iranienne d’autre part. L’Union européenne a même salué ces accords comme une « contribution positive à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient ». Toutefois, de nombreux observateurs ont déclaré que de tels accords conduiront le Moyen-Orient encore plus près du précipice.

Un court extrait du dernier essai de Nader Hashemi sur les « accords de paix » nous donne un aperçu de ce que ces accords pourraient apporter :

« L’avenir du Moyen-Orient semble sombre. Tous les indicateurs sociaux clés suggèrent que la région se dirige vers une explosion imminente. L’ordre autoritaire actuel n’est pas viable étant donné le mélange instable d’États répressifs avec des populations jeunes et de faibles perspectives économiques. Lorsque le prochain soulèvement arabe pour la dignité et la démocratie aura lieu, il sera plus furieux et plus violent que celui qui l’a précédé. Une cible clé de cette colère, ce seront les dirigeants de “l’Axe des Autocraties arabes”, mais aussi leur allié israélien, un allié qui aujourd’hui contribue fièrement et ouvertement à maintenir leur régime autocratique ».

Cette soumission continue des sociétés de la région et l’implication complice de l’UE au nom de la « stabilité » et de la libre circulation des capitaux n’est qu’une recette pour le désastre.

Le traitement biaisé du droit international

Le cas des îles Chagos, situées entre le Sri Lanka et Madagascar, est un autre exemple d’accaparement de terres et de non-respect continu du droit international par des pays ayant une histoire coloniale. Le Royaume-Uni les a séparées de l’île Maurice en 1965 et a maintenu depuis lors un contrôle administratif sur les îles. En 2019, la Cour Internationale de Justice de La Haye a rendu un jugement selon lequel le Royaume-Uni doit rendre les îles à Maurice, qui a été adopté par l’Assemblée Générale des Nations Unies sous la forme d’une résolution non contraignante. Cependant, le Royaume-Uni a refusé de respecter le délai de restitution de l’île. C’est un autre exemple de la façon dont les intérêts nationaux sont encore grisés par leur propre héritage colonial.

Ce n’est ni la première ni la dernière gifle au droit international. L’invasion de l’Irak, le bombardement de la Libye, la guerre au Yémen, les sanctions contre l’Iran et le Venezuela, et le silence face au coup d’État qui a eu lieu en Bolivie ne sont qu’une petite liste des atrocités qui restent incontestées. Cette ignorance systématique du droit international et de la justice ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu, forçant les gens à aller jusqu’à l’extrême et les privant de leur dignité et de leur liberté.

En tant que citoyens d’États démocratiques, nous devons exhorter tous les États membres de l’UE à aller au-delà des condamnations et des communiqués de presse habituels pour adopter des mesures concrètes ; à respecter le droit international et leurs lois nationales en arrêtant d’abord les ventes d’armes aux régimes impliqués dans des actes d’occupation et des violations des droits de l’homme.

 

Mohammad Khair Nahhas est membre du Collectif spontané de DiEM25 pour la Paix et la Politique internationale. 

Source de la photo : Nations Unies

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