Les retraites sont une question européenne, et la grève aussi (et comment vous pouvez aider)

par DiEM25 France

Le rôle des organisations politiques n’est sûrement pas de se substituer aux travailleurs ou à leurs organisations syndicales. Cependant elles peuvent à tout moment aider à envisager les luttes sur les questions économiques et sociales de façon plus large, dans le temps et dans l’espace, pour ouvrir des perspectives. Le mouvement sur les retraites en France mérite sans doute un peu de réflexion.
Europe
En 2003, a eu lieu en France un mouvement sur la question des retraites. En ne cédant pas au mouvement de grève très suivi entre autres dans l’Éducation, le gouvernement Fillon a réussi une première fois à faire reculer l’âge de la retraite pour tous. Dans la même période de trois mois, des mouvements similaires sur la même question ont eu lieu en Autriche et en Italie. Les trois ont échoué à faire plier leurs patronats et leurs pouvoirs politiques respectifs.
Austérité
Les mouvements des Gilets jaunes, des étudiants et de la jeunesse, des enseignants face aux réformes éducatives telles que la suppression partielle du bac, des personnels de santé confrontés à l’effondrement de l’hôpital public, des postiers, des pompiers, tout comme le mouvement plus large contre la contre-réforme des retraites ne paraissent dispersés que parce qu’ils ne sont pas pensés ensemble dans une vision politique pourtant assez évidente. On parle de convergence des luttes à créer, mais les situations de crise dans ces différents secteurs sont toutes, absolument toutes liées à la baisse de la dépense publique entamée il y a des décennies par tous les gouvernements de centre-gauche ou de centre-droit qui se sont succédés, en France comme ailleurs. Pour pouvoir baisser les impôts des plus riches, abaisser le coût du travail comme avec le CICE qui rembourse aux actionnaires des entreprises leurs cotisations sociales, l’État français comme ceux des autres pays européens mène une politique d’austérité. Dans d’autres langues cela se dit tout simplement « réduire la taille de l’État », en supprimant ou en privatisant les services publics. Toutes ces luttes sont en fait une seule et même lutte des travailleurs et des populations contre des gouvernements qui ne sont que des fondés de pouvoir des actionnaires des entreprises, et en France c’est même carrément un banquier qui préside. Ils entendent augmenter leurs bénéfices en payant moins d’impôts et de cotisations aux États, qui donc se rétractent, acceptent de dépenser de moins en moins alors que les populations continuent d’augmenter et que les inégalités s’accroissent. Moins de dépense publique vers les services publics, vers les systèmes de santé publiques, vers les systèmes de retraites, etc.
Unité
Divisés à l’intérieur de chaque État en différentes luttes qui ne désignent pas leur adversaire commun, et entre les différents États alors que la politique d’austérité voulue par tous les actionnaires de toute l’Union européenne est mise en musique par la Commission Européenne et le Conseil de l’Union Européenne, qui n’est que l’union de tous les gouvernements, les travailleurs et les populations d’Europe vont de défaites en victoires en trompe-l’œil depuis des décennies. De la même façon que les syndicats n’ont pas réussi en France à entraîner dans la grève les travailleurs autres que les cheminots et conducteurs de métro, qui ont fait grève comme en 1995 par procuration pour tous les autres, ils n’arrivent pas non plus à designer et donc combattre leur adversaire réel : les gouvernements à la solde des actionnaires réunis dans la Commission Européenne. Il n’y a jamais eu de grève transnationale digne de ce nom contre l’austérité. Il est peut-être temps de se demander pourquoi les luttes nationales ne paient pas, ou plus. DiEM25 entend participer à cette réflexion, pour aller vers de nouvelles formes d’action victorieuse. L’internationalisme n’est pas un supplément ou une lubie, il est peut-être bien la condition nécessaire pour la reprise en main de notre destin, en France comme ailleurs.
Solidarité
C’est la raison pour laquelle les collectifs locaux du mouvement européen DiEM25 de plusieurs pays européens ont décidé de manifester leur solidarité en organisant dans leurs villes et en ligne des campagnes pour appeler les travailleurs et citoyens européens à soutenir leur camarades français en contribuant aux caisses de grève des syndicats français.
Il y a des dizaines de caisses de grèves auxquelles vous pouvez contribuer – locales, sectorielles, ou générales; voici quelques unes de celles qui ont reçu le plus d’attention médiatique:

 
Article du Collectif National France
Initiative menée par le DSC DiEM25 Dublin1

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