Britain needs DiEM25; and DiEM25 needs Britain

Est-ce que nous sommes en train d'assister au début de la fin de l'UE?

Réponse de Yanis Varoufakis:
J’espère que non, mais j’ai peur que nous vivions la désintégration de l’UE.
L’eurozone est, depuis un certain temps maintenant, dans un état avancé de déconstruction. Pensez à ceci : si quelqu’un vous offrait en cadeau 10 millions d’euros (ce serait gentil, n’est-ce pas ?) et si on vous donnait le choix de les verser sur un compte bancaire allemand, italien, portugais ou grec, cela vous serait-il indifférent ? Bien sûr que non. Vous préféreriez avoir l’argent sur un compte allemand ou néerlandais, pleinement conscient du fait que la probabilité d’une perte sur vos dépôts est beaucoup plus élevée en Italie ou en Grèce. C’est un signe claire que la zone euro est fragmentée. Il y a beaucoup d’éléments de preuve qu’elle se fragmente davantage (au lieu de se consolider). Par exemple, si vous regardez la concentration de la dette publique, il est clair que la dette publique est concentrée de plus en plus dans les banques dudit état (ce qui est le contraire de ce qui devrait se passer si nous avions une bonne union monétaire et bancaire).
A part la zone euro, Schengen a déjà été suspendu et est sous une pression énorme alors que les forces de la xénophobie, de l’ultranationalisme et de la paranoïa pure et simple prennent le dessus. L’incapacité de l’UE à accepter ce qui n’est, après tout, qu’une crise de réfugiés bénigne (par rapport, par exemple, avec cette à laquelle font face la Jordanie ou le Liban) est éloquente à cet égard.
Au niveau politique, sur plusieurs questions, la désintégration de l’UE est de toute parts. Les gouvernements d’Europe de l’Est déclarent ouvertement leur opposition au principe même de solidarité, l’électorat britannique s’est éloigné de Bruxelles (et votera pour rester juste par peur de l’inconnu), la périphérie méridionale de l’Europe est ravagée par une dépression inutile qui est entièrement due à la gestion macro-économique toxique par les institution de Bruxelles-Francfort qui sont beaucoup plus intéressées à prétendre faire respecter des règles inapplicables qu’à servir l’intérêt de l’Union.
En résumé, rappelez-vous l’expérience de l’Union soviétique. Quand une architecture économique non viable est maintenue par l’autoritarisme et une volonté politique brutale, son effondrement est reporté. Mais quand il arrive, il est très rapide et très douloureux. J’espère que les européens parviendront à démocratiser l’UE avant d’avoir une répétition.

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