Les travailleurs essentiels mettent leurs grains de sable dans la machine Amazon

La légitime indignation des travailleurs d’Amazon envers le modèle de la Silicon valley les incite à s’organiser, en ce moment critique de l’histoire mondiale.

«Ce à quoi nous devons répondre nous dépasse tous. Il s’agit de sauver l’humanité. C’est une question de vie ou de mort. Mais nous voulons aussi conserver nos emplois. Aucun d’entre nous ne doit subir de représailles. (…) »
— Chris Smalls

Alors que les effets mortels du coronavirus en Europe ralentissent, l’état réel d’un système médical ravagé par les politiques d’austérité se montre aux yeux de tous. Une mise au grand jour des pratiques est en train de se produire, alors que la finance et le travail sont découplés. Les entreprises technologique phares de surveillance électronique cotées au Nasdaq  qui « traitent les humains des entrepôts comme des  pions » capitalisent sur la précarité. Mais le coronavirus a maintenant révélé le pouvoir détenu par la masse de travailleurs vulnérables mais « essentiels », et les dizaines de millions de nouveaux chômeurs.

Les titres tapageurs et les applaudissements creux ne peuvent pas masquer les bas salaires, l’absence de droits des travailleurs, et les contrats zéro heure.

Des travailleurs d’Amazon soumis aux risques de la pandémie dans leurs sites – comme Chris Smalls, le récent invité de DiEM25 TV- s’avancent pour défier le mastodonte Amazon . Leur légitime indignation envers le modèle de la Silicon valley a non seulement intéressé les médias, mais pousse des millions de personnes à s’organiser, en ce moment critique de l’histoire mondiale. Cette  lutte actuelle entre les titans modernes du capitalisme et les travailleurs à bas salaires nous rappelle une vérité simple mais qui s’est déjà manifestée au cours de l’histoire :  que « notre super pouvoir secret est notre capacité à coopérer ».

Comme l’a suggéré un éditorial du Financial Times le 3 avril, le confinement  « mettra en lumière les inégalités existantes et en révélera même de nouvelles ». Nous avançons vers un monde où la normalité paraît invraisemblable, avec des médecins exigeant des masques appropriés, des ouvriers des abattoirs à qui on demande de travailler dans des zones contaminées, tandis que le chômage explose à un niveau supérieur à celui de la Grande Dépression. Alors que ce moment historique menace de briser le contrat social actuel, des dirigeants occidentaux font des discours peu sérieux sur la Chine, lancent des allégations sur la  supposée politisation de l’Organisation mondiale de la santé et énoncent des directives gouvernementales de déconfinement incohérentes.

Soumis aux exigeantes les plus fortes, les travailleurs essentiels sont victimes d’une « reconsidération » dénuée d’avantages réels, mais annoncée en grande pompe.

Les messages envoyés pas les personnes en charge des relations publiques incitent à l’unité , mais n’ont pas fait grand-chose pour apaiser le cruel dilemme auquel sont confrontés de nombreux travailleurs essentiels à travers le monde. On leur demande en effet d’accepter, sans rechigner, de nouvelles responsabilités, tout en ne leur offrant que des protections médicales minimales, et de faire face au virus sur leur lieu de travail, avec les risques que cela comporte pour leur vie personnelle et familiale.   Cette exposition soumet leurs amis, leurs collègues et leur famille au coronavirus tout en augmentant le stress dû à leur travail. S’ils font la moindre objection,  ils courent le risque de perdre leur emploi, leurs prestations médicales — et parfois même de se retrouver à la rue — en raison de la faible protection des travailleurs.

Des médecins italiens ont publié une déclaration en mars, à laquelle les travailleurs de la NHS ont fait écho, mentionnant qu’ils « s’étaient préparés, avec une rigueur scientifique, et savaient qu’ils n’auraient pas assez de ressources pour faire face à une urgence sanitaire telle que celle en cours.” Le personnel médical constitue clairement l’épine dorsale de la nouvelle économie du « travail esseniel» et a été en première ligne lors de la pénurie des masques de protection.

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Cela arrive lorsque les marchés mondiaux sont gonflés par  l’injection de montants énormes de liquidités  dans les grandes entreprises,  tandis que les travailleurs essentiels sont regroupés dans des lieux de travail contaminés, pour maintenir en vie une économie chancelante. Le message ne pouvait pas être plus clair. Comme Chris Smalls l’a dit dans sa récente interview DiEM25 , « cette pandémie a clairement révélé ce que nous sommes  en tant qu’êtres humains ». Peut-être que l’exploitation flagrante devenant trop insoutenable, il y aura un nouveau déclic, à l’image de celui provoqué par l’incendie de l’usine Triangle Shirtwaist en 1911.

Chris Smalls, ex-gérant d’un entrepôt Amazon, a fait les gros titres des journaux dans le monde entier après avoir été licencié à la suite de ses critiques ouvertes concernant l’absence de mesures anti-COVID-19 chez Amazon.

Une campagne ciblée d’Amazon l’a décrit comme quelqu’un « n’étant pas intelligent » ou « manquant d’assurance », et a tenté de l’isoler en tant que « visage du mouvement syndical en cours». En outre, les documents ayant fuité qui ont été  montrés par le vice-président affirment que ces questions ont été soulevées lors d’une réunion à laquelle assistait le PDG Jeff Bezos.

Au cours de l’entrevue, Chris Smalls a fait prendre conscience à ses auditeurs que de nombreux employés  avaient dû  dormir dans leur voiture parce qu’ils ne pouvaient pas payer de loyer, qu’ils voulaient éviter de propager le virus dans leur famille, ou qu’ils travaillaient tout en étant malades. Pour lui, il est  «totalement» logique de boycotter Amazon. Il  est même allé plus loin en disant que le manque de mesures sanitaires et de sécurité n’a pas seulement un impact sur certains employés, mais pourrait également avoir un impact sur leurs clients et d’autres personnes qui manipulent les colis Amazon :

« Plusieurs personnes sont mises en danger pour un seul colis. Pour arriver jusqu’à votre porte, chaque colis doit  passer par des aires de réception, d’expédition, des quais de chargement, un centre de tri – il touche 6,7,8 personnes, y compris le client. Le virus peut vivre sur le carton pendant quelques de jours, et pourrait être présent sur votre article si quelqu’un l’a touché: les conducteurs peuvent être positifs, asymptomatiques ou n’avoir pas été testés; vous ne le saurez jamais. Mon conseil est le suivant : à moins  que l’entreprise ne protège réellement les employés, vous, en tant que consommateur, ne la soutenez pas. »

Il est visiblement indigné et s’appuie sur des principes clairs; il se soucie toujours du sort des employés, en tant qu’ex-manager chez Amazon pendant de nombreuses années. Malgré l’attention internationale croissante, il déclare clairement : « Je n’ai peur de rien. » Il tend la main à d’autres travailleurs à l’échelle internationale et dit : « Je suis ici pour vous les employés, si vous avez peur de parler, n’ayez pas peur, je vous soutiens pleinement et je ferai tout ce que je peux pour vous aider. »

Ils se sont mobilisés avec de nombreux autres travailleurs  essentiels, y compris d’autres entreprises, pour former un mouvement important qui prévoit des grèves sans précédent.

L’occasion de « reprendre le pouvoir »

Après  quelques semaines d’action et de nombreuses interviews , Chris sent qu’en ce moment il y a «une occasion de reprendre le pouvoir».  Il note qu’« il y a eu un déséquilibre de pouvoir, peut-être partout dans le monde ». Jusqu’à présent, ils ont créé un réseau de personnes qui dessinent une carte de fréquentation en ligne des foyers de Covid-19 dans les entrepôts Amazon à travers les États-Unis. Ils ont actuellement trouvé plus de 600 cas avec au moins sept décès connus et aucune réponse sur la surpopulation et les contaminations.

Les exigences de Chris Smalls sont les suivantes :

  1. Que les anciens employés qui ont été licenciés pour avoir fait valoir leur état de santé soient réintégrés et payés retro-activement depuis leur licenciement.
  2. Que les équipements de protection individuelle soient fournis aux travailleurs —
    « sans aucune exception ».
  3. Que la transparence soit assurée en ce qui concerne les cas de Covid-19 dans les bâtiments, tout en respectant la vie privée.
  4. Qu’on prenne soin des employés en utilisant une toute petite partie des bénéfices d’Amazon

À la suite de ces actions, la démission du vice-président Tim Bray a fait les gros titres des journaux internationaux autour de la question.

 

Le vice-président et « ingénieur distingué » d’Amazon Web Services a annoncé qu’il y avait une « veine de toxicité » qui traversait la culture de l’entreprise, continuant en affirmant : « Je ne choisis ni de servir ni de boire ce poison. » Cette déclaration fait suite à l’ensemble des licenciements décidés par l’entreprise et aux  prostestations internes des techniciens d’Amazon condamnant ces licenciements.

Tim Bray déclare rétrospectivement que « les messages d’Amazon ont été clairs et rapides… donner la priorité à ce sujet [le coronavirus] et faire de gros efforts pour sécuriser les entrepôts ». Il ajoute toutefois que :

« En fin de compte, le gros problème, ce n’est pas ce qui a été fait contre la COVID-19 dans l’entreprise. C’est qu’Amazon traite les humains dans les entrepôts comme des pions qu’on prend ou qu’on laisse pour compte. Mais ce n’est pas seulement Amazon, c’est le capitalisme du 21e siècle qui est fait ainsi. »

Bray précise :

« Tout est question d’équilibres de pouvoir. Les travailleurs des entrepôts sont de plus en plus en position de faiblesse, à cause du chômage de masse et (aux États-Unis) de l’assurance maladie conditionnée à l’emploi. Donc le système capitaliste les traite de plus en plus comme « de la merde ». Toute solution réaliste doit commencer par une augmentation de leur force collective. »

Cette énonciation claire souligne à quel point l’action collective prônée par Chris Smalls est cruciale.

Comme le dit Smalls, «[Nous avons] commencé une révolution… [qui] a  changé l’ensemble du réseau Amazon ».

 

Stephen Brier, historien du travail à la City University of New York, affirme que « ces travailleurs ont été exploités sans vergogne pendant si longtemps alors qu’ils effectuent un travail incroyablement important mais en grande partie invisible ». Il souligne l’importance de la période actuelle pour les travailleurs d’Amazon : « tout d’un coup, ils deviennent des travailleurs essentiels dans une pandémie, ce qui leur donne un effet de levier et un pouvoir extraordinaires s’ils s’organisent collectivement. »  En effet, les travailleurs essentiels soutiennent maintenant tout l’édifice économique de l’Etat-entreprise, qui va mal. Ils s’organisent et se coordonnent par le biais de services de messagerie cryptée comme Telegram et Signal avec des groupes de défense des droits des travailleurs comme Amazonians United, Target Workers Unite, Whole Worker and the Gig Workers Collective.

Cette prise de conscience touche aussi le Royaume-Uni, où  Allyson Pollock précise que les travailleurs essentiels sont utilisés pour réduire les risques des autres. Elle déclare : « Nous sommes confinés parce que nous avons été tenus pour individuellement responsables de ne pas contaminer d’autres personnes, alors que le gouvernement n’a pas joué son rôle, qui était d’assumer ses responsabilités et d’anticiper la catastrophe. » Allyson Pollock illustre ici comment l’individu a été chargé de porter le fardeau de l’incompétence au plus haut niveau de l’Etat et la petitesse de vue des gouvernements occidentaux.

Fait encourageant, le sort de Chris Smalls a été repris par beaucoup de médias. Récemment, neuf sénateurs démocrates ont envoyé une lettre à Amazon pour en savoir plus sur « les politiques d’Amazon concernant les mesures disciplinaires et le licenciement des employés ». Cela fait suite  à l’ordre donné par Bill de Blasio, le maire de New York, à la commission des droits de l’homme de la ville d’examiner la question, et à ce que le procureur général de New York ait qualifié de « scandaleux » le licenciement de M. Smalls et d’au moins quatre autres employés.”

Alors que des rapports de plus en plus fréquents montrent  le nombre croissant de contaminations de travailleurs essentiels à travers le monde, ceux-ci sont jetés en première ligne et  restent sous-protégés,  sous-payés, et  font l’objet de contrôles  incessants.

Ce qui rend cela insidieux, c’est que même avant que les scientifiques donnent leur permission de réouvrir l’économie, les politiciens minimisent les risques liés au travail et   font passer l’économie avant la vie humaine, tout comme avant la pandémie.

Alors que les travailleurs essentiels nécessaires pour maintenir un semblant de normalité meurent du coronavirus, Chris Smalls répète dans l’interview que c’est un fait de l’époque actuelle: « C’est une question de vie ou de mort ». Il note qu’en France, [les travailleurs essentiels] ont « repris leur pouvoir  en main». En tout cas, les conditions actuelles soulignent la nécessité d’un revenu minimum universel. Le soutien pour ce revenu universel s’étend même au Financial Times, car le coronavirus montre bien que cela est plus urgent que jamais.

Le coronavirus a profité aux entreprises de l’Internet, en déclenchant une envolée du   trafic, ainsi que du prix de leurs actions. Instacart a embauché 300 000 travailleurs pour le seul mois de mars— plus que sa main-d’œuvre actuelle — et a annoncé en mai qu’elle embaucherait 250 000 travailleurs de plus pour répondre à cette demande historique. Amazon, d’autre part, a embauché 175.000 personnes de mars à mai, principalement pour compenser les absences de salariés ayant pris un congé sans solde pour ne pas risquer d’être contaminés.

Selon The Guardian, Jeff Bezos a gagné 11 000 $ par seconde pendant la « manne » du coronavirus. Mike Pence, le vice-président des Etats-Unis et chef du groupe de travail sur le coronavirus, n’a pas tardé à remercier Amazon pour avoir «répondu aux besoins du peuple américain alors que nous faisons face à cette pandémie ensemble. » Ce genre de flatterie envers les multinationales révèle la collusion existant entre les entreprises et le gouvernement, que ce virus a rendu encore plus forte. Cela cache ce que de nombreux chefs d’entreprise voient clairement; à savoir qu’une réorganisation significative du système est nécessaire.

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Nous ne pouvons pas attendre que la morale finisse par s’imposer d’elle-même.

Cette pandémie a montré que les gouvernements n’ont pas la créativité nécessaire pour faire face à des moments extrêmes comme cette crise. Les entreprises, soumises aux logiques des actionnaires, voient leurs actions « rationnelles » freinées par ces derniers. Et cette logique n’est pas seulement celle du milliardaire typique. Amazon est divisé en plusieurs entités et est contrôlé par un grand nombre d’actionnaires, dont beaucoup sont des entreprises occidentales majeures.

Cela illustre une crise de l’imagination. Dans son livre Sapiens, Yuval Noah Harari affirme que ce sont nos fictions communes qui nous ont poussés à habiter le monde. Cette notion de fiction partagée implique de reconfigurer nos réalités. Et où pouvons-nous mieux le faire que dans la finance ? En effet, cela peut commencer par enfin démonter le mythe du capitalisme néolibéral, en commençant d’ailleurs par la Gauche. Peut-être la gauche a-t-elle cru au mythe propagé par les économistes de droite au cours des années 1970, à savoir que la finance mondialisée avait contourné la capacité des États à contrôler les marchés du travail et que les états eux-mêmes étaient soumis aux marchés financiers.

Cependant, les pressions pour l’établissement d’un dividende universel de base se font de plus en plus  fortes. De même, des milieux financiers commencent à se se familiariser avec  les idées de la théorie monétaire moderne. Nous en avons besoin pour relancer un processus de réinvention qui remette en jeu le droit de propriété, les sociétés à responsabilité limitée, l’État-nation, la notion de travail et bien sûr l’argent lui-même. Si nous décidons collectivement de déconstruire les mythes, nous pouvons modifier relativement rapidement et radicalement nos comportements.

Chis Smalls se retrouve “catapulté dans cette position.” Il n’était pas un militant auparavant, mais il affirme qu’il tient sa légitimité de « l’amour et du soutien » qu’il reçoit. « C’est tout ce dont j’ai besoin », dit-il. De même, le nouveau livre de Rutger Bregman, Une histoire pleine d’espoir souligne comment «notre super-pouvoir secret est notre capacité à coopérer . L’auteur y examine comment, plutôt que d’imiter les comportements en jeu dans le célèbre livre Sa majesté des mouches, un groupe de  jeunes gens bien réels, bloqués sur une île du Pacifique a prouvé que les humains tendent vers la coopération et l’entraide.

Yuval Noah Harari a récemment déclaré que « ce que nous voyons dans le monde entier n’est pas une catastrophe naturelle inévitable. C’est un échec humain. Ce coronavirus n’est pas le plus grand tueur, ou “cygne noir”, parmi les virus, comparé à ce qui s’est déjà produit dans l’histoire ». Nassim Nicholas Taleb, lui,  pense qu’il y aura «un mouvement vers le localisme». Il souligne la nécessité de réagir aux événements, de rechercher les connaissances sur le terrain et non dans les institutions. Peut-être les «travailleurs essentiels» font-ils partie des « vrais experts » de Taleb, qui agissent sur le terrain. Pour peu qu’ils aient accès à une information de qualité, ils sont capables de mettre au jour les mensonges  des « communicants » des gouvernements et des entreprises.

Leader inattendu, Chris Small nous encourage à nous organiser, à participer et à être actifs là où nous nous trouvons.

Il appelle les “travailleurs essentiels”, les “clients” et tous les autres membres de la société à contribuer à ce mouvement croissant qui appelle à un retour de l’humain au coeur du travail. Il rappelle à ceux qui ne sont pas sûrs de leur capacité à s’organiser que tout ce que lui a eu à faire a été de se connecter à ses employés et aux autres travailleurs. Il appelle également les autres : « Vous faites toujours partie de la lutte, simplement en prenant la parole, que vous soyez un consommateur qui nous soutient ou un employé, vous  faites progresser notre cause. »

Le film de Ken Loach Sorry We Missed You montre le pouvoir destructeur qui se cache dans le mythe du travailleur indépendant. Un député britannique a décrit l’économie  « uberisée » comme une « forme d’exploitation telle qu’il serait difficile pour la Cour suprême de faire la distinction entre cette forme et d’autres formes d’esclavage moderne ». En effet, la question de savoir qui peut porter un masque, révèle notre implication commune dans l’économie politique internationale des équipements de protection, qui répand actuellement  les méfaits de cette crise basée sur le pouvoir de classe et l’accumulation de capital.

Bien qu’Amazon ait maintenant pris des mesures suite à la couverture médiatique   nationale, Chris Smalls souligne que toutes les demandes des travailleurs n’ont pas encore été satisfaites.

Alors qu’il poursuit la lutte pour l’ensemble des revendications de base en mai, il ajoute : « Je n’ai peur que de Dieu, j’ai toujours été un leader-né, toute ma vie, c’est drôle qu’ils aient peur de moi… »

La demande de “protection personnelle”, faite de manière collective, contourne les pressions de la direction d’Amazon et revendique une égalité de valeur entre les vies. En d’autres termes, le masque symbolise l’exigence de revalorisation de leur propre vie. Les employés des entrepôts qui protestent avec leurs bandanas, leurs chemises déchirées et leurs taies d’oreiller découpées ont trouvé le courage de ne pas être écrasés par leur situation et de l’utiliser pour dynamiser la lutte et faire rendre des comptes à leurs patrons. Comme l’affirme ici Richard Woodall,  « le masque acquiert une double signification nouvelle: une condition nécessaire de survie et la base commune sur laquelle les structures vitales de solidarité communautaire pourraient être réaffirmées ».

Regardez notre interview avec le lanceur d’alerte d’Amazon Chris Smalls sur DiEM25 TV.

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