Les brutalités policières s’intensifient en Grèce

MeRA25 appelle à une action commune des partis de gauche pour protéger les citoyens et défendre la démocratie.

Dimanche après-midi, une famille avec de jeunes enfants, assise sur une place de Nea Smirni, dans la banlieue d’Athènes, a reçu une amende de la police à moto pour avoir enfreint les restrictions de fermeture. Ayant suivi les règles qui exigent l’envoi d’une notification par SMS avant de sortir se promener, les parents ont protesté en disant qu’ils avaient juste pris quelques minutes pour se reposer sur la place. Lorsqu’un passant a pris la parole pour soutenir la famille, la police l’a brutalement frappé et a appelé des renforts. D’autres policiers à moto sont arrivés et ont commencé à terroriser aveuglément les citoyens.

Les médias grand public ont d’abord adopté la version des faits de la police, selon laquelle l’incident a été précédé par « l’attaque violente, par 30 anarchistes, d’officiers effectuant des contrôles du confinement ». Ce faux récit s’est effondré lorsqu’une autre vidéo a fait surface, montrant la victime de la brutalité policière désignée et appréhendée sans raison apparente.

Plus tard dans la nuit, la police a dispersé, à l’aide de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes, une marche spontanée dans le quartier de Nea Smirni à la suite de cet événement.

MeRA25 a déjà mis en garde contre une escalade de l’autoritarisme de l’État et « l’Orbanisation de la Grèce » par la transformation progressive de la démocratie grecque en une dictature sous couvert parlementaire.

Ces mises en garde font suite à l’interdiction – manifestement anticonstitutionnelle – de la liberté de mouvement des députés par la police et à la suppression de l’immunité de poursuite judiciaire d’un député de MeRA25 pour avoir critiqué la police dans un discours parlementaire.

Si MeRA25 rejette la perspective d’entrer dans un gouvernement de coalition qui ne s’efforce pas ouvertement de débarrasser la Grèce de l’esclavage de la dette, elle estime que des alliances démocratiques plus larges sont nécessaires pour lutter contre le glissement vers l’autoritarisme. Hier soir, Yanis Varoufakis a lancé un appel au KKE (Parti communiste grec) et à Syriza (Coalition de la gauche radicale – Alliance progressiste) pour une action commune afin de protéger la démocratie et les citoyens du gouvernement Mitsotakis – Chrysochoidis :

« Face à l’escalade de la répression étatique qui menace désormais la Démocratie et laisse les citoyens sans protection face aux prétoriens de Mitsotakis-Chrysochoidis, MeRA25 appelle le KKE et Syriza à entreprendre une action commune pour défendre la démocratie et les citoyens. Il est inconcevable qu’à un moment aussi critique, nous ne soyons pas capables de coordonner nos actions en faveur de la légitimité démocratique.»

La montée de l’autoritarisme sous prétexte de lutter contre la pandémie se produit dans le monde entier.

En Grèce, elle est employée sans vergogne afin de contenir le mécontentement populaire résultant de l’échec total du gouvernement à protéger les citoyens des retombées sanitaires et économiques. Le fait que la police continue d’être engagée rapidement et entre en service après moins d’un mois de formation, alors qu’aucun médecin n’a été engagé pour le système national de santé, en dit long sur les intentions du gouvernement.

Photo : Marche contre la brutalité policière en Grèce. La bannière indique : « Les flics hors de nos quartiers – Assemblée ouverte des résidents ».

Source de la photo : The Press Project.

Texte traduit en français par Elise Kerremans.

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