Rest in Power, George Floyd

Le Collectif National belge de DiEM25 est solidaire des manifestants de Minneapolis.


Un train portant l’inscription “Je ne peux pas respirer” a traversé la Belgique il y a quelques jours. Alors que le scandale du meurtre de George Floyd a fait la une de l’actualité dans le monde entier, les gens exigent la fin de la brutalité policière et de la discrimination raciale. Nouvelle victime de la brutalité policière contre les personnes de couleur, le nom de George Floyd rejoint celui de Michael Brown, Eric Garner, Trayvon Martin, Tamir Rice, et bien d’autres encore.

Cette crise s’ajoute à la crise de l’emploi et à la crise sanitaire actuelles aux États-Unis, dont la combinaison a mis en évidence le mépris flagrant de l’État pour la vie humaine.


La manœuvre utilisée par l’agent de police Derek Chauvin est découragée et même largement interdite dans la plupart des forces de l’ordre. Néanmoins, elle a été enseignée aux agents à Minneapolis comme une forme appropriée de « contrainte ». Mais la vidéo montre clairement que cette forme brutale de contrainte exercée par les agents a été utilisée avec une insouciance dangereuse pour la souffrance humaine. Pendant les 9 minutes, on voit George Floyd suppliant de le laisser respirer. Comme l’affirment Black Lives Matter et d’autres, cela constitue un crime grave.
Une grande partie de la couverture médiatique s’est concentrée sur les émeutes et les pillages qui ont eu lieu à Minneapolis et dans d’autres États du pays. Mais de nombreuses manifestations pacifiques ont eu lieu dans tout le pays, comme à Harlem, où des centaines de manifestants , lors d’un sitting, ont scandé “Pas de justice, pas de paix”. On a également vu des dirigeants du mouvement protéger des commerces contre le pillage en formant des chaînes humaines, en réorientant les militants vers des protestations pacifiques. Dans un discours émouvant, Killer Mike a appelé à une mobilisation politique plutôt qu’à la destruction, malgré la colère qui résonne dans les communautés aux États-Unis et à l’étranger :

« Il est de votre devoir de ne pas brûler votre propre maison par colère contre un ennemi. (…) C’est le moment de se concerter, de planifier, d’élaborer des stratégies, d’organiser et de mobiliser. »

Le comportement même des forces de police peut également être considéré comme un comportement d’émeute, comme certains l’ont affirmé. Dans des vidéos réalisées par des civils, on les voit donner des coups de pied au visage de manifestants pacifiques, les jeter au sol, et même envoyer des gaz sur des enfants. Des militants et des journalistes ont été touchés par des balles en caoutchouc, tandis que d’autres ont perdu un œil. Des véhicules de police ont même été utilisés pour attaquer et disperser des foules. 

Des membres du personnel des agences de presse ont notamment été visés dans ce qui semble être un effort concerté de la police pour intimider et brutaliser les citoyens sans aucune justification de  leurs actions. Des reporters et des équipes de production du LA Times, du Wall Street Journal, de CNN et de MSNBC ont été jetés à terre et malmenés avec des gaz lacrymogènes à bout portant et des « explosifs non identifiés ».

On ne sait pas exactement si les forces de police ont bénéficié d’une indulgence excessive au sein de leurs propres structures ou si des factions de policiers se sont créées par le chaos. Il est très probable que la violence qui en résulte soit un dangereux mélange des deux. Il faut dire que plusieurs shérifs et officiers de police dans d’autres États ont été vus s’agenouiller pour George Floyd et marcher avec les manifestants, révélant un clivage existant au sein des forces de l’ordre. Pendant ce temps, des milices policières violentes, encouragées par le président Trump, ont commencé à terroriser des quartiers en tirant sur des civils non armés, sur le pas de leur porte, avec des balles de peinture s’ils ne rentraient pas chez eux. 

Des drones Predator – généralement utilisés pour la guerre ou pour surveiller les frontières – ont également été aperçus en train de survoler Minneapolis. Dans des endroits comme Orlando, la police est considérée comme des « agitateurs extérieurs » car elle exerce sa violence dans des communautés autres que la sienne. Bien que Joe Biden ait publié une déclaration sur l’événement, il n’a pas dénoncé les actions de la police contre les citoyens. En ne le faisant pas, il déçoit les communautés noires partout dans le monde. 

Des militants progressistes aux États-Unis et dans le monde entier soutiennent les habitants de Minneapolis en lançant leurs propres actions en faveur de la justice.

Des milliers de personnes ont défilé devant la police sur le pont de Manhattan à New York, et le président Trump s’est retiré dans un bunker alors que les manifestations se multipliaient autour de la Maison Blanche à Washington. Les protestations remplissent les rues de Londres et de Toronto, et les Iraniens organisent une veillée pour George Floyd – pour n’en citer que quelques-unes. Des actions contre les forces de police américaines ont commencé à voir le jour, soit par le brouillage de leurs talkies-walkies avec de la musique yougoslave, soit par des attaques DDoS sur leurs sites web par les Anonymous.

Les revendications des militants qui participent aux manifestations actuelles à propos de George Floyd sont seulement en train d’émerger, mais des militants ont déjà appelé à stopper les financements de la police. Non seulement les caméras corporelles et d’autres initiatives ont déjà  échoué à protéger les communautés de couleur, mais les contestataires remarquent également la différence flagrante entre les ressources de leur police et celles des hôpitaux. Alors que les policiers portent des équipements paramilitaires, les contestataires s’interrogent sur la façon dont « certains médecins dans nos hôpitaux portent encore des sacs poubelles comme équipement de protection individuelle ».

A DiEM25, nous considérons la brutalité policière comme un symptôme supplémentaire d’une société dont la violence structurelle se manifeste également par des salaires de misère, des congés sans solde et un vaste sous-emploi, ainsi que par la discrimination raciale. Les émeutes et les pillages doivent être vus comme une réponse à une société axée sur le profit et non plus sur le bien-être de ses habitants. Pendant la pandémie, les gouvernements ont renfloué les banques et les grandes entreprises au lieu de venir en aide aux travailleurs et à leurs communautés. Alex S. Vitale déclare à juste titre dans The End of Policing que « aucun banquier n’a été emprisonné pour la crise financière de 2008, malgré la fraude généralisée et le pillage de l’économie américaine, qui ont entraîné chômage de masse, sans-abrisme et bouleversement économique ».

Nous sommes contre le profilage racial et la discrimination partout. 

Le Collectif National belge de DiEM25 condamne l’idéologie raciste qui s’est renforcée et a gagné en visibilité sous la présidence de Trump, ainsi que la brutalité policière qui terrorise les manifestants et les journalistes aux États-Unis.

Les histoires de profilage racial et de provocation policière ne sont pas rares en Belgique. Les contrôles de police effectués sur les jeunes marocains ont entraîné des décès récents, comme ceux d’Adil et de Mehdi Bouda. Nous condamnons donc également les brutalités policières et la discrimination raciale dont sont victimes les personnes de couleur en Belgique. Le gouvernement belge doit s’attaquer de toute urgence au racisme dans son propre pays.

Pour soutenir les militants et être un allié, pensez à faire un don en utilisant les liens ci-dessous :

BLACK LIVES MATTER : Une organisation qui se bat pour le mouvement BLM. 

BLACK VISIONS MN : une organisation qui est dirigée par des Noirs, des homosexuels et des transsexuels.

NAACP Legal Defense Fund : Se bat pour la lutte globale pour l’égalité.

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